VIII Congrès Confédération des petites villes et municipalités de l'UE

 

VIII Congrès de la Confédération des petites villes et municipalités de l'Union Européenne

(CTME)

Budapest, 24 & 25 septembre 2015

Organisé par l'association Initiatives France-Hongrie (INFH), la CTME, l'association des petites villes de France (APVF), la fédération nationale de collectivités locales (hongroises) TÖOSZ et l'Institut Français de Budapest, ce VIII congrès a réuni une centaine de personnes dont de nombreux élus locaux, maires, Présidents d'associations nationales de villes, mais aussi des représentants d'entreprises, des Instituts de recherche, des associations et ONG ainsi que des lycées professionnels et la société civile.

Mme Anne-Marie Maskay, Première Conseillère, près l'ambassade de France en Hongrie, a ouvert les travaux du colloque de la première journée (24.09) qui portait sur « Villes et transition écologique ». Elle a vivement remercié les organisateurs pour le thème retenu qui s'inscrit parfaitement dans la perspective de la COP 21. Félicitant la CTME et ses membres pour leur engagement et leur contribution au succès de la conférence sur le Climat, elle a souligné l'importance d'arriver à un accord global en décembre tant sur les objectifs que sur les moyens pour y parvenir. Mme Maskay a enfin salué la qualité du partenariat entre TÖOSZ et INFH et notamment l'action de MM. Gàbor Zongor, Secrétaire général (de TÖOSZ) et de M. José Osete (Directeur d'INFH).

 

 

Le Président de TÖOSZ M. Jenő SCHMIDT,  a poursuivi en évoquant les défis des communes vis-à-vis de cette transition énergétique en Hongrie. Si quelques grandes villes et communes peuvent mobiliser des moyens financiers (grâce souvent à la présence de grandes entreprises sur leur territoire), il regrette, comme d'autres intervenants hongrois, que les petites villes et communes n'aient pas les mêmes moyens qu'en Europe occidentale. Enfin, constatant la faible sensibilisation aux questions environnementales dans son pays et prenant exemple sur ce qui se fait auprès des enfants autrichiens, il a annoncé le lancement d'un programme de sensibilisation et de formation aux questions environnementales  en Hongrie.

 


M. José Osete a rappelé le rôle et l'action d'INFH. L'association a ainsi souhaité apporter sa contribution au succès de la COP 21 en organisant ce colloque dans le cadre du VIII Congrès de la CTME. Il a ensuite présenté les objectifs de ce colloque qui visait à faire le point de la situation en Europe, de mettre en avant les actions des petites villes qui sont en première ligne face au changement climatique, de montrer l'implication des entreprises et de la société civile. Mettant en exergue la qualité du partenariat avec TÖOSZ et l'APVF, il a souligné l'engagement de notre association auprès de la Confédération européenne des petites villes (CTME), et ceci dès le lancement de sa création en 2006/2007. A l'occasion de ce Congrès, INFH a ainsi apporté son soutien à la CTME à travers des démarches auprès de son réseau européen afin de proposer à des associations bulgares, croates, tchèques, slovaques et slovènes de rejoindre le réseau européen des petites villes. Les dirigeants de la CTME et leur Secrétaire général,  M. Klaus NUTZENBERGER, ont vivement remercié INFH pour ces actions car l'élargissement de cette « jeune » confédération est bien évidement une priorité pour la CTME. En outre, le contexte actuel de crise(s) au sein de l'UE ne fait que renforcer le besoin d'accorder encore plus d'attention aux associations de villes des nouveaux états membres. La nouvelle présidence italienne de la CTME, assurée par M. Roberto Pella, vice-président de l'ANCI, avec le soutien des partenaires français et allemand, souhaite poursuivre ces échanges avec INFH.

La première table ronde a permis d'établir un état des lieux en Europe. Si la prise de conscience de la nécessité de la transition écologique et notamment énergétique est bien réelle, il existe cependant de très fortes disparités au sein de l'Union (plus de 40% par exemple de différence entre la Lettonie et le Danemark). Mme Krisztina Dely, d'Energy cities a rappelé le rôle important de la « Convention des maires » qui s'engagent concrètement dans ce mouvement et a insisté sur la nécessité de passer à une économie décarbonée, de repenser notre organisation économique et sur l''indispensable changement de comportement des consommateurs qui devraient être avant tout des citoyens-consommateurs.

M. Rouillon, Maire de Coulaines et membre du Comité des régions a, quant à lui,  mis en avant l'atout de la proximité avec la population dans les villes à taille humaine qui permet de sensibiliser les ménages à ces changements. Lui aussi témoigne de l'indispensable pédagogie à mener auprès des citoyens afin de changer les mentalités, les comportements et permettre de mettre en place cette transition écologique.

Différents exemples allemands, français, hongrois et italiens ont démontré d'une part que le volontarisme des petites villes dans la transition énergétique et écologique n'était plus à démontrer et d'autre part le besoin  pour ces villes de nouvelles compétences et de moyens financiers. En Hongrie, par exemple, les différences entre communes riches et pauvres sont criantes.

Les interventions d'Instituts, d'entreprises, d'ONG et de la société civile sont venues très utilement compléter et démontrer que cette transition doit être l'affaire de tous. M. Perrin, de l'Institut Français des Huiles végétales Pures (IFHVP) a ainsi présenté l'intérêt de filières courtes énergétiques, créant un lien direct entre producteurs, utilisateurs et consommateurs. De même, Mme Marketa Braine-Supkova, de l'ONG « International Urban Food Network » (IUFN) a rappelé la nécessaire reterritorialisation alimentaire. Elle souligne le rôle spécifique que peuvent avoir les petites villes idéalement placées pour faire le lien entre territoire et production, l'intérêt de la mise en place de système alimentaire territorialisé (SAT), le rapprochement et le rééquilibrage entre consommateurs et producteurs.

En conclusion, ces débats auront permis de mettre en avant l'extraordinaire capacité d'innovation des petites villes et leur engagement sans faille dans la transition écologique. S'il reste évidemment encore beaucoup à faire, les questions énergétiques (production, chauffage, efficacité...) occupent une place importante dans les actions déjà menées ou en cours.

Ces échanges peuvent aussi faire penser que l'avenir est aux petites villes et que nous devrions rentrer dans une ère de sobriété, tel que le soulignait notamment M. Vincent Liegey, de Cargomania.

La question des transports et de la sensibilisation des citoyens, des ménages et des enfants est également au cœur des préoccupations.

Le nouveau Président (Italien) de la CTME, M. Roberto Pella, a pour sa part insisté sur le besoin de positiver ses changements et comme d'autres intervenants de faire le lien entre transition écologique et emploi ! Au vu de ces très nombreuses expériences, les débats ont également démontré la nécessité de poursuivre et d'amplifier ces échanges de bonnes pratiques, de créer une sorte de centre d'innovation afin de pouvoir recueillir toutes ces informations et de les mettre à disposition sur la toile afin notamment de mutualiser nos expériences. La question importante du bilan de toutes ces initiatives a été également soulevée ainsi que les différentes méthodes de sensibilisation auprès des citoyens en général et des ménages en particulier. Afin de peser sur les choix nationaux et européens, le lobbying des maires auprès d'instances nationales et de l'UE a aussi été mis en avant. La CTME avec ses membres pourrait très bien assurer ce rôle.

Enfin, le thème de la transition écologique et les échanges de bonnes pratiques et de savoir-faire (évoqués ci-dessus) devraient dorénavant être au centre des partenariats entre villes jumelées.

La deuxième journée (25.09) a été consacrée à l'Assemblée Générale de la CTME et à des débats sur l'organisation territoriale et sur les investissements publics locaux en Europe. Cette AG a vu l'élection du nouveau Président, M. Roberto Pella (ANCI) et le changement du secrétariat général qui sera assuré par Mme Valeria Satta.

Les débats liés aux importantes réformes des collectivités locales ont démontré les difficultés et les graves problèmes que rencontrent les villes et notamment les petites villes. Ce débat, lui aussi, doit être poursuivi sans relâche. La question des migrants s'est bien sûr invitée aux débats. L'association hongroise a ainsi informé ses partenaires que le sujet était au centre de leurs discussions actuelles.

Enfin, INFH a profité de ce Congrès pour organiser une mission en Hongrie pour le Lycée des métiers de Nîmes, ainsi que des échanges avec ses partenaires français et hongrois mais aussi de la CTME pour mettre en place des projets et des coopérations autour des questions de système alimentaire territorialisé (SAT), des circuits courts et des filières courtes énergétiques.

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