la Gouvernance Alimentaire Locale – Regards croisés franco-hongrois

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Rencontres Conférence Table ronde sur 

"la Gouvernance Alimentaire Locale, Regards croisés franco-hongrois"   

 jeudi 29 novembre 2018 / 09h30- 14h00 

Institut Français, H-1011 Budapest, Fő utca 17. Traduction simultanée français - hongrois

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Une réelle prise de conscience sur les questions d'alimentation a lieu en Europe et dans le monde. La nécessité de changer de paradigme s'impose progressivement : comment rendre l'agriculture durable ? comment assurer la nécessaire transition écologique de notre système agricole et alimentaire ? comment développer une approche territoriale inclusive de la transformation rurale, lorsque « la moitié de la population mondiale vit désormais dans des villes moyennes et petites, ou dans la sphère d'influence de ces dernières» (FAO) ? Il s'agit de mettre le sujet de l'autosuffisance alimentaire des territoires au centre des débats.

Afin de construire de nouveaux modèles de production et de consommation pour relier directement (autant que possible) les consommateurs urbains et les producteurs, les Systèmes Alimentaires Territorialisés (SAT) constituent une forme émergente alternative, inspirée par un objectif de réduction des externalités négatives et de valorisation des impacts sociaux, économiques et environnementaux.

Les systèmes de gouvernance alimentaire locale et les Projets Alimentaires Territorialisés (PAT) apparaissent comme d'excellentes solutions pratiques et efficaces pour assurer une indispensable transition écologique.

La problématique de l'alimentation dans les territoires constitue une préoccupation de plus en plus prégnante dans les collectivités locales en raison aussi de son  impact sur l'ensemble des acteurs économiques qui y interviennent et de la demande croissante des citoyens.

En outre, s'agissant de la mise en place d'une économie globale à l'échelle d'un territoire, l'organisation d'un schéma local pour l'alimentation doit aussi passer par une sensibilité à la consommation d'énergie. En effet, si l'on considère une filière courte d'approvisionnement alimentaire, il est indispensable aujourd'hui de considérer les dépenses énergétiques tant pour la production que pour le transport et la conservation.

Ce mouvement intervient au moment même où l'agriculture traverse une crise profonde d'un système qui ne permet plus aux agriculteurs d'être dignement rémunérés pour leur travail. Les récentes crises alimentaires ont amené les consommateurs à réfléchir sur leurs actes de consommation et à modifier profondément leur comportement. La sécurité alimentaire et la qualité des produits deviennent des enjeux majeurs de santé publique. La demande de bio augmente ainsi régulièrement depuis ces dernières années à tel point que la production a dû mal à suivre.

De nombreuses initiatives issues de collectivités territoriales ou de la société civile ont vu le jour partout dans le monde. En Europe, le Pacte de Milan, porté par l'International Urban Food System (IUFN, France) promeut la défense des territoires urbains et ruraux à travers l'implication des villes et des régions. Plus récemment, en France, la récente mise en place par le gouvernement des états généraux de l'alimentation témoigne de l'importance du sujet. Il souhaite que d'ici 2022, l'ensemble de la restauration collective propose au moins 50% de produits biologiques, de labels de qualité ou locaux.

De nombreuses questions se posent : de quelles marges de manœuvre disposent les élus pour favoriser le développement d'une alimentation responsable ? Comment peuvent-ils être accompagnés pour parvenir à ces objectifs ? A quels coûts ? Les disparités territoriales en matière d'offre alimentaire permettent-elles partout d'atteindre cet objectif d'ici 2022 ? Comment inciter les filières agricoles à se tourner vers des modes de production de qualité et durable ? Comment convaincre les agriculteurs de produire pour nourrir la ville à proximité plutôt que d'aller vendre à l'autre bout de la planète ?

Dans ce contexte, il apparait que les collectivités locales peuvent et doivent avoir un rôle moteur. Elles sont les mieux à même de mener une réflexion relative à la gouvernance alimentaire locale en se servant de la restauration collective comme un outil au service d'une alimentation durable de qualité.

 

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