Santé et Coopération transfrontalière, Conférence à Oradea

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Suite au succès des premiers échanges lors des Assises de la coopération décentralisée franco-hongroise de 2011 à Budapest et de la conférence de septembre 2012 à Oradea (RO), INFH, le CESCI, la Zone Métropolitaine d'Oradea (ZMO) et la MOT ont souhaité poursuivre et approfondir cette coopération à travers la création du « Processus d'Oradea », qui vise à promouvoir la coopération transfrontalière hungaro-roumaine à l'aide de l'expertise française. Cette initiative permet en outre le renforcement du partenariat franco-hongrois entre le CESCI, INFH et la MOT dans le domaine du transfrontalier.

Après cette première conférence  entre acteurs de la coopération transfrontalière des trois Pays (Hongrie, Roumanie et France), tant au niveau national que local, sur la mise en œuvre de projets et un retour d'expériences des groupements européens de coopération territoriale (GECT), les partenaires ont souhaité organiser des échanges sur le thème spécifique de la santé, compte tenu notamment de l'actualité européenne.

Cette conférence sur la santé a ainsi réuni 65 participants, notamment des professionnels de la santé, des élus et responsables locaux, et des chargés de la coopération transfrontalière hungaro-roumaine. 

Avec 450 Km de frontière commune et 450 projets  pour une enveloppe totale de 225 M d'€ (dont 78 % dans les infrastructures), la coopération transfrontalière représente un enjeu majeur pour les régions concernées dans ces deux pays et qui cumulent de nombreux handicaps tant économiques que sociaux. 39 projets ont vu le jour dans le domaine de la Santé pour un montant de 33,5 M d'€, notamment dans la coopération entre hôpitaux (importance soulignée de l'aide financière de l'UE à travers le FEDER).  

Les différentes interventions ont permis de constater que les défis étaient les mêmes tant aux frontières françaises que hungaro-roumaines même si les situations françaises semblaient plus avancées compte tenu notamment de leur antériorité et des efforts déployés.

Malgré les difficultés, nous avons pu constater une réelle mobilisation de la base et des professionnels de la santé avec de très bons projets en cours : radiothérapie (entre Szeged et Timisoara), dépistage précoce d'anomalies héréditaires rares (entre Timisoara, Arad et Szeged), service de santé ambulatoire entre le département de Bihor (RO) et Debrecen (HU) ainsi qu'entre la Mairie d'Oradea et l'Université de Debrecen, sur les maladies cardio-vasculaires, sur la réhabilitation des blocs opératoires et des hôpitaux d'urgence. Au sujet des urgences, si la coopération semble bonne entre roumains et hongrois (entrainements communs pour les catastrophes), un réel manque de coordination avec les pompiers hongrois du Département de Hajdu-Bihar (HU) a été signalé par la partie roumaine.

Par ailleurs, des intervenants ont souligné l'absence ou le manque de moyen pour le développement de politiques de prévention.  Le souhait d'établir des coopérations EST / OUEST dans ce domaine a été fortement exprimé.

Deux problèmes très importants ont aussi été soulevés : le départ de nombreux professionnels de la santé (beaucoup de Roumanie mais aussi de Hongrie) et la baisse significative des populations dans les régions frontalières (grave problème démographique dans les deux pays et forte émigration de Roumanie).  La  nécessité de coopérer est donc capitale pour ces régions frontalières, compte tenu notamment des coûts croissants dans le domaine des infrastructures et du matériel médical.

Le système français des mutuelles et du financement de la sécurité sociale a également beaucoup intéressé Hongrois et Roumains. Une réelle demande d'échange dans ces domaines a été exprimée. Des rencontres tripartites pourraient ainsi être utilement organisées sur ces deux sujets.

Les participants ont également souligné l'intérêt manifeste d'investir dans le domaine de la santé et ils estiment que la Santé devrait faire partie des politiques de l'UE. Il conviendrait suite à la directive de 2011, de poursuivre le dialogue dans ce domaine afin d'arriver à une homogénéisation des systèmes. Après le résultat des dernières élections européennes, marquées par une très forte abstention et une montée des nationalismes, l'UE aurait grand intérêt à devenir plus sociale. Les frontières, tel que ce fut rappelé par nos intervenants, constituent une formidable possibilité pour développer une conscience européenne et  démontrer ce que l'UE peut apporter à ses citoyens.

Enfin, les objectifs thématiques transfrontaliers hungaro-roumains pour la stratégie 2014-2020 ont été présentés :

  • Protection de l'environnement
  • Développement des infrastructures (routières notamment) afin de renforcer la mobilité
  • Emploi et croissance économique à travers le développement de « Clusters » (très peu en Roumanie et quelques-uns en Hongrie)
  • Développement les liens directs entre citoyens frontaliers

 

En conclusion, la nécessaire et indispensable volonté politique a de nouveau été rappelée afin de surmonter les nombreuses difficultés. A cet effet, il a été proposé de faire appel à une commission parlementaire dans le but de soutenir la coopération transfrontalière hungaro-roumaine. De plus, afin de favoriser et permettre le développement d'initiatives locales, la question de la décentralisation se pose à nouveau avec acuité tant en Hongrie où nous assistons à une recentralisation particulièrement excessive et en Roumanie, où les (grandes) villes semblent ne pas avoir assez d'influence dans les négociations et prises de décision sur les projets transfrontaliers.

Les interventions françaises,   des régions de Champagne-Ardenne et de Lorraine ainsi que de l'hôpital de Cerdagne et de la MOT, avec la participation d'INFH, ont été particulièrement appréciées et ont soulevées de nombreuses questions de la part des participants.

Cette conférence a permis de consolider ce « Processus d'Oradea », partenariat original entre INFH, le CESCI, la MOT et la ZMO d'Oradea. Il est prévu de le poursuivre en 2015, à travers une nouvelle thématique qui sera choisie d'un commun accord par les partenaires.

 

 

 

Conférence Mairie d'Oradea
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