Circuits Courts & Coopération Transfrontalière

« Le Processus d'Oradea »

Conférence Internationale

«Les Circuits Courts et le fonctionnement des marchés locaux

dans les régions transfrontalières »

Jeudi 06 octobre 2016

Lieu : Oradea (Romanie),  frontière hongroise

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Organisée par l'association INFH (Initiatives France-Hongrie), le CESCI (Central European Service for Cross-border Initiatives) et la ZMO (Zone Métropolitaine d'Oradea), cette rencontre avait pour but de poursuivre les échanges sur les Circuits Courts initiés en 2012 et de les aborder cette année dans un contexte transfrontalier. Soutenue par le ministère français des affaires étrangères et du développement international (MAEDI), cette conférence qui a réuni une cinquantaine de personnes a connu un vrai succès. De l'avis d'intervenants, la meilleure à laquelle ils ont participé cette année !


En dehors d'une organisation parfaite, témoin de l'excellent partenariat entre les trois partenaires, c'est la conception même du programme et la qualité des intervenants qui ont été particulièrement intéressantes, riches et appréciées.

En effet, les questions d'alimentation représentent l'un des plus grands défis de ce siècle d'autant plus qu'elles devraient être étroitement liées au développement durable, à la lutte contre le réchauffement climatique et plus globalement à la protection de l'environnement.

Nous avons souhaité réunir l'ensemble des acteurs tant au niveau international, national que local afin de présenter une approche globale. Nous avons ainsi pu mobiliser des Instituts de recherche et de développement tel que l'IUFN (International Urban Food Network), organisme français, actuellement présidé par M. Daniel Wathelet qui fut le premier intervenant, l'IFHVP (Institut Français des Huiles Végétales Pures) avec la participation active de son Directeur, M. Frédéric Perrin ou encore l'Office national (hongrois) de sécurité alimentaire (NEBIH, en hongrois). Mais aussi des responsables en charge de ces questions au niveau national (ministère de l'agriculture et office du premier ministre en Hongrie), des élus nationaux (Député roumain) et locaux (vice président de Départements, Maires adjoints, Présidents d'associations nationales et locales, responsables de Groupes d'Action Locale, experts, chercheurs, société civile...


Si beaucoup de chemin reste encore à faire, la thématique des Circuits courts est en train de s'imposer en Hongrie et en Roumanie comme un sujet majeur et une réponse concrète à des défis complexes.

Les interventions françaises et belges ont démontré que le niveau de développement des circuits courts était encore bien différent entre l'ouest et le centre de l'Europe. L'approche collective et globale réunissant l'ensemble des acteurs d'un territoire a particulièrement intéressée Hongrois et Roumains. En effet, en Hongrie et en Roumanie, les Circuits courts ne sont encore perçus pour l'instant que comme une solution pour les petits producteurs ou vus d'abord sous cet angle. Cette thématique est en train d'émerger progressivement dans ces deux pays et notre conférence tombait ainsi à point nommé.

Les participants ont pris conscience de la nécessité de travailler ensemble et de réunir tous les acteurs locaux ainsi que nationaux. Les Roumains ont compris le besoin de modifier leur législation et réglementation, tel que l'a souligné un Député roumain qui participait à nos débats. Des demandes roumaines ont été faites aux collègues hongrois afin d'avoir des propositions effectives pour modifier leur législation


La première table ronde a été consacrée à l'actualité, aux nouvelles conceptions et réflexions et à la situation des circuits courts, en France (mais aussi en Belgique), en Hongrie et en Roumanie. L'intervention de l'IUFN a particulièrement intéressé l'ensemble des participants à travers son approche globale, son analyse et sa méthodologie réunissant l'ensemble des acteurs. Les autres présentations ont permis de faire le point en Hongrie et en Roumanie. L'intervention du NEBIH a par ailleurs relevé les limites et les paradoxes de l'actuelle législation concernant les produits alimentaires locaux (vente, commercialisation, participation dans des marchés locaux frontaliers). En effet, si la circulation des produits importés (à travers la grande distribution et des importateurs) ne pose pas de problème particulier, la vente de produits locaux dans un marché local de l'autre côté de la frontière reste pour l'instant impossible.

La deuxième table ronde a permis d'échanger et de présenter divers modèles de circuits courts dans les trois pays. L'intervention française de l'IFHVP  a aussi retenu toute l'attention en reliant les questions énergétiques, l'alimentaire et  les circuits courts. La nécessité de réunir l'ensemble des acteurs et la démarche employée ont à nouveau marqué les esprits.

Les interventions hongroises et roumaines ont montré un vif intérêt pour les circuits courts. Une réelle dynamique est enclenchée dans ces deux pays, portée par des associations locales et nationales et soutenue de plus en plus par les gouvernements centraux.

Enfin, la troisième table ronde est parfaitement venue compléter ces échanges à travers la mise en valeur du travail fait autour des produits locaux comme vecteur du développement rural. Le rôle et l'intérêt porté aux circuits courts par les Groupes d'Action Locale (GAL) dans les 3 pays ainsi qu'en Belgique, ont confirmé l'intérêt général à ce sujet et la dynamique enclenchée en Europe. 

Conclusions :

Nos objectifs ont été pleinement atteints. Non seulement nous avons renforcé le « Processus d'Oradea » et le partenariat entre INFH, le CESCI et la ZMO mais aussi permis à travers la thématique des circuits courts d'approfondir nos champs de coopération. L'expérience française a particulièrement intéressé tant les Hongrois que Roumains. De nombreux échanges ont eu lieu, des volontés de coopération ont été exprimées et des projets pour 2017 sont à l'étude (en bilatéral, multilatéral et/ou européen).

Les premiers besoins tournent autour de la nécessaire prise de conscience de réunir l'ensemble des acteurs d'un territoire. Méthodologie, mise en place des circuits courts, comment travailler et réfléchir ensemble, comment faire travailler des agriculteurs ensemble, comment élargir le champ d'action des circuits courts (énergie, restauration collective, ...), l'innovation en matière de services ruraux, font partie des nombreuses propositions et demandes qui ont été exprimées.


CONTEXTE :

A l'heure où l'Union Européenne (UE) traverse la plus grave crise de sa jeune histoire, où la question des frontières redevient un sujet conflictuel avec la remise en cause des accords de Schengen, le tout lié à la crise des migrants et du terrorisme, la Coopération Transfrontalière (CT) constitue, aujourd'hui plus qu'hier,  un enjeu majeur non seulement pour la Hongrie mais aussi pour l'Europe Centrale et l'UE dans son ensemble.

Avec 7 frontières très diverses (extérieures de l'UE, Schengen, non Schengen, pays candidats), dont certaines cumulent les handicaps (économiques et sociaux) et des minorités importantes dans les pays voisins liées à un passé historique douloureux, la coopération transfrontalière recouvre en Hongrie tous les cas de figures. Si elle représente de réels défis elle n'en constitue pas moins de vrais atouts.

Dans ce but, nous avons développé un partenariat fructueux entre INFH, le CESCI et la ZMO avec l'appui de la MOT (Mission Opérationnelle Transfrontalière), des SCAC (Services de Coopération et d'Action Culturelle) de Budapest et de Bucarest et de la DATAR qui a permis d'organiser de nombreux échanges.

Ce remarquable partenariat qui a aussi impliqué les partenaires d'INFH des (anciennes) régions de Champagne-Ardenne et de Lorraine, le ministère hongrois de l'Administration publique et de la justice, le ministère roumain du développement régional, a débouché sur le « Processus d'Oradea ».

Il vise à promouvoir la Coopération Transfrontalière entre la Hongrie et la Roumanie à l'aide de l'expertise française et à rapprocher les deux peuples. A convaincre aussi les politiques de soutenir cette coopération afin qu'elle soit générale et permanente, en suivant le modèle franco-allemand.

A travers ces actions, nous aidons nos collectivités locales, associations et partenaires français à identifier et à convaincre des partenaires hongrois mais aussi roumains de travailler ensemble, à travers soit des échanges en bilatéral soit à travers des programmes européens.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

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