Circuits Courts & collectivités locales, 13 & 14 novembre 2014

Avec près de 400 participants lors de la première journée à l'Institut Français, dont environ 300 pour la conférence et 100 pour la projection du documentaire « Urgence de ralentir » (en présence de son réalisateur M. Philippe Borrel) et environ 70 personnes lors de la deuxième journée dans le Département du Bàcs-Kiskun, ces « Deuxièmes rencontres franco-hongroises sur les Circuits courts » ont rencontré un très vif succès.

 

La grande diversité des participants a confirmé l'intérêt croissant des acteurs tant locaux que nationaux ainsi que de la société civile autour de cette thématique. L'ensemble de la société était ainsi représentée : ministères, Chambre nationale d'agriculture, universités, divers instituts,  nombreux élus locaux, associations (y compris caritative), syndicat de petits producteurs,  entreprises, citoyens... et 33 intervenants, dont une délégation de 20 français composée d'élus locaux, de responsables et d'agriculteurs.

En outre, la participation exceptionnelle de M. Pierre Rabhi a bien entendu été un puissant facteur de médiatisation puisque de nombreux médias ont couvert cette conférence et qu'il a accordé de nombreuses interviews (TV, radio, presse écrite).

(Photo de  Fabien Le Boulluec)

Organisées dans le cadre du mois de l'environnement de l'Institut Français, ces Deuxièmes rencontres faisaient suite à celles organisées en 2012, plus généralistes, et qui  avaient déjà connu un grand succès.  Les objectifs principaux étaient de faire le point sur les nombreuses coopérations franco-hongroises et les évolutions dans ce domaine, et, surtout, de mettre en avant le rôle des collectivités territoriales. Le rôle que peuvent en effet jouer les élus et acteurs locaux constituent un levier indispensable pour que ces circuits courts puissent se développer et atteindre une masse critique. Cette démarche est par ailleurs confortée par la nouvelle réglementation de la PAC qui prévoit justement un soutien au développement des circuits courts, un rôle accru des collectivités locales ainsi que des groupements de producteurs. Enfin, 2014 a été proclamée « Année internationale de l'agriculture familiale » par l'Assemblée générale de l'ONU.

 

Ces journées ont également mis en valeur la qualité du partenariat franco-hongrois autour d'un groupe de travail composé de l'Institut Français et l'association Initiative France-Hongrie (INFH) et pour la partie hongroise, du ministère de l'agriculture, de l'Office du premier ministre, de l'Autorité Nationale de Sécurité d'Alimentaire, du réseau de développement rural et de TÖOSZ (Fédération Nationale de Collectivités Locales).

Les échanges ont été particulièrement nourris et fructueux, marqués par de très nombreux débats. La participation d'universitaires, MM. Chevalier (Montpellier) et Fehér (Gödöllô), a permis de rappeler l'importance des circuits courts non seulement en France et en Hongrie mais aussi en Europe Centrale et plus largement dans le monde. Les premiers propos d'ouverture côté hongrois ont aussi, semble-t-il, témoigné d'une divergence importante entre ministères et chambre nationale d'agriculture hongroise.  Cette dernière étant beaucoup plus favorable aux circuits courts.  Ce fut aussi l'occasion de présenter la très active coopération entre acteurs locaux français et hongrois, notamment à travers les groupes d'action locale (GAL) et les partenariats entre collectivités territoriales, comme entre les départements de la Vienne et du Bàcs-Kiskun ou encore entre les villes de Hérimoncourt et de Tiszaföldvàr. Tel que le résumait un des participants hongrois, si français et hongrois parlaient du même thème, les conceptions étaient parfois très différentes. Les actions présentées par les élus de Champagne-Ardenne et de Bretagne sur l'économie sociale et solidaire (ESS) sont en effet assez éloignées de ce qui se fait en Hongrie dans le domaine du travail (d'intérêt) public. Il n'en demeure pas moins que ces expériences ont beaucoup intéressé les Hongrois.

 

Le rôle des collectivités locales constituaient donc le plat de résistance de ces journées, marquées par la forte implication de TÖOSZ, de l'APVF (Association des Petites Villes de France) et du réseau d'INFH. Ainsi les deux secrétaires généraux, MM. Zongor et Homé (également Président d'INFH) ont activement animé la table ronde consacrée au rôle des collectivités locales. Les nombreux témoignages d'élus et d'acteurs  locaux ont démontré le rôle déterminant que peuvent avoir les collectivités locales. Rappelant ainsi les 330 millions de repas en restauration collective, M. Soret de l'APVF soulignait le problème pour l'instant quelque peu rédhibitoire des contraintes liées aux appels d'offres publics. En effet, la législation (européenne) des marchés publics restreint fortement les possibilités de favoriser les producteurs locaux. C'est un vrai sujet de débat qu'il convient de porter au niveau européen.

Echanges enfin très fructueux puisque de très nombreuses intentions d'établir ou de poursuivre des coopérations ont été exprimées. Souhait par exemple des partenaires hongrois de l'Autorité Nationale de Sécurité d'Alimentaire et du Syndicat National des Petits Producteurs, d'élaborer deux projets de recherches avec des partenaires français, et de l'APVF et de TÖOSZ de travailler ensemble sur les circuits courts. Projet aussi de travailler sur cette thématique entre les futurs Groupes d'Action Locale (GAL).  Projet également de développer  des coopérations en Hongrie avec l'Institut Français des Huiles Végétales Pures (IFHVP). Ces journées et notamment la deuxième, ont permis aussi d'assurer le renouvellement de l'accord de coopération entre les Départements de la Vienne et du Bàcs-kiskun suite aux récentes élections départementales hongroises.

 

Tous ces échanges ont permis de constater que de chemin parcouru depuis 3 ans mais aussi que de chemin encore à parcourir. A n'en pas douter, au vu de l'intérêt croissant que suscite ce sujet, de l'état de notre planète lié notamment aux changements climatiques et à l'empreinte carbone des activités humaines, des désastres écologiques et économiques, les Circuits courts, et pas seulement alimentaires,  devraient s'imposer progressivement comme une des solutions pour lutter contre tous ces maux.

 

Avec le soutien et la participation de :

                             

 

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